#39 L’effectuation et l’entrepreunariat

C'est quand on se lance dans l'action !

Il y a l’entrepreneur visionnaire
– grande idée,
– business plan irréprochable,
– levée de fonds
– puis création et développement

Et les autres comme moi :
– idée assez simple, voire pas d’idée du tout (si quand même et finalement pas si simple, cf Comment expliquer à ma mère ce que je fais?)
– les moyens dont ils disposent
– pas de business plan (en vrai j’en avais un 😎)

On invente en cours de route,
On tire parti des surprises.
Pas vraiment d’étude marché, mais des essais à coup de perte acceptable.

Et les études montrent qu’en fait ça marche et que ça fait des entreprises à succès

Ca s’appelle l’effectuation, c’est à dire
“Action de mettre à exécution quelque chose”

Ce qui est bien avec l’effectuation pour des zèbres comme moi, c’est que ça va à rebours de la vision stratégique classique centrée sur la planification et une certaine linéarité. 

Et c’est assez simple à suivre, il y a 5 grands principes.

1. On part de ce qu'on a

Au lieu de définir les objectifs et d’aller chercher les moyens pour les atteindre (le plus souvent de l’argent, voire beaucoup d’argent

😉 )

la question de l’entrepreneur sera “qu’est ce que je peux faire avec ce que j’ai ? “   On parle d’approche « effectuale » (promis, ce sera le seul mot bizarre) quand on cherche ce qu’on va pouvoir faire avec ce qu’on a. 
Si on applique cela à la découvert du feu, dans un cas, il y a:

  • constat d’un besoin (chauffer)
  • vérification qu’il y a un marché,
  • élaboration du projet (SWOT, matrice de Porter, Business plan etc)
  • et recherche des financements pour mener à bien le POC (proof of concept)

    Et dans le second cas, vous avez une personne qui frotte 2 cailloux et se dit qu’il y a peut être un truc à faire 

 

2. On raisonne en perte acceptable

 

Finalement, en vrai dans la vie, au quotidien de l’entrepreneur, on ne se demande pas combien on va gagner, on se demande ce qu’on risque avec cette décision. 

Ce qu’on met en jeu. 

Et qu’on est prêt à perdre.

3. On obtient des engagements (« le patchwork fou »)

 

Bien sûr, on peut regarder le marché estimer la part de marché qu’on pourra gagner, puis projeter des chiffres, qui souvent montent jusqu’au ciel.
Ou alors, partir avec son idée sous le bras, chercher des entreprises intéressées, se roder avec elles, faire évoluer son idée, recommencer, puis petit à petit prendre son espace et exister sur le marché. Et alors regarder la concurrence. On assemble son patchwork avec des partenaires sélectionnés ou juste rencontrés au gré de vos avancées, sans que l’on puisse dire à l’avance avec qui le patchwork sera crée, et donc quelle forme il prendra.
C’est ce que personnellement j’appelle aller de liane en liane en espérant parfois très fort que la liane suivante va tenir. 

4. On tire parti des surprises (« La limonade »)

On peut essayer d’éviter les surprises en planifiant (bon ça ne marche pas toujours si bien) L’entrepreneur en effectuation  accueille les surprises favorablement (bon souvent après un moment d’ajustement😤🤬😱😥)

Et surtout, passé la phase d’adaptation, se demande ce qu’il va en faire et comment la transformer en opportunité. Dit autrement, il fait avec, et si on lui donne des citrons, il fait de la limonade. Et ensuite essaye de la vendre. 

5. On crée le contexte (« Le pilote dans l’avion »)

Ces principes conduisent à passer d’une logique de prédiction (essayer de deviner le marché) à une logique de contrôle (l’inventer). L’effectuation inverse cette logique et c’est une vision créatrice de l’entrepreneuriat, selon laquelle le rôle de l’entrepreneur est de créer de nouveaux univers, et non de découvrir les univers existants.

La logique de contrôle signifie également que dans la démarche entrepreneuriale, c’est l’action qui est privilégiée à l’analyse.

L’action est source d’apprentissage mais aussi de transformation de l’environnement, elle n’est pas un sous-produit de la démarche d’analyse, comme cela reste vrai dans la vision classique de la stratégie. 

En résumé, entreprendre par effectuation c'est ?

  1. Point de départ = vous
  2. Vous + déclencheur = idée
  3. Idée + action = Opportunité
  4. Opportunité + Engagement de parties prenantes = Projet viable

merci Philippe Silberzahn pour ses contenus indispensables sur le sujet 

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